+ de critères

 

Observer les champignons

Vos marches en forêt vous ont sans doute déjà permis de croiser des champignons. Vous avez alors peut être regretté de ne pas disposer de critères concrets qui vous permettent de les observer avec plus d’attention. Ces quelques clefs pour aller plus loin vous montrent combien tous les sens sont à mettre en action pour étudier les champignons… bien que rien ne vaille la sortie sur le terrain avec un connaisseur.

La forme du champignon

C'est ce que vous devez regarder en premier : en particulier l'aspect du chapeau et du pied.

Puis la présence ou non de lamelles ou des tubes.

Ensuite l'examen du pied et la présence ou non de restes du voile : anneau, armille, cortine, volve. Cela nécessite de cueillir un exemplaire entier.

Enfin pour les espèces à lames, le mode d'insertion des lames sur le pied. Le pied se détache-t-il facilement du chapeau ?

Les couleurs

De nombreuses espèces de russules sont rouges, ce qui rend ce genre particulièrement difficile
De nombreuses espèces de russules sont rouges, ce qui rend ce genre particulièrement difficile © Patrick Blanchard / ONF

C'est un bon critère mais il peut y avoir des variations pour une espèce donnée avec le temps et avec la fraîcheur de la fructification.

Chez les russules, c'est un critère délicat : il existe des variations de couleur au sein de certaines espèces. Par contre, chez les cortinaires, c'est un critère très important.

Les odeurs

Si vous vous approchez, vous constaterez qu'elles sont très importantes : parfois très fortes, comme l'odeur de l'ail chez le Marasme à odeur d'ail ; mais aussi parfois faibles et délicates : odeur de noix de coco chez le Lactaire à odeur de noix de coco.

On peut être amené à réchauffer la fructification dans sa main pour renifler l'odeur des lames. Il faut aussi être capable de nommer une odeur pour bien la distinguer, d'où un entraînement particulier.

Le goût

On peut goûter cru la plupart des champignons, même ceux toxiques mais à la condition express de les recracher. C'est parfois un critère de reconnaissance très net mais attention aux surprises, il y a des saveurs très puissantes ; mieux vaut laisser cela aux spécialistes ! Sur le terrain, c'est un critère particulièrement important pour distinguer les russules.

Le toucher

Le revêtement du chapeau est souvent assez caractéristique. Vous vous rendrez compte qu'il y a des champignons duveteux, lisses, d'autres rugueux, écailleux, gélatineux, mais aussi coriaces, visqueux, huileux... Le toucher des lames est utilisé aussi pour apprécier leur souplesse. Il y a aussi des pieds mous, fibreux ou durs au toucher.

La sporée

La sporée est l'ensemble des spores émises en masse, que l'on peut observer sur le terrain ou en salle sous un chapeau laissé à sporuler.

La couleur de la sporée est un bon critère mais pas toujours facile à appréhender sur le terrain. Les sporées foncées roses, brunes ou noires finissent par colorer les lames. Par contre les sporées blanches sur lames colorées sont plus difficiles à observer. Enfin les lames qui restent blanches à maturité ont logiquement des sporées blanches.

Le Ganoderme aplani (Ganoderma lipsiense) produit une sporée brune particulièrement abondante
Le Ganoderme aplani (Ganoderma lipsiense) produit une sporée brune particulièrement abondante © Hubert Voiry / ONF

L’examen microscopique

Les spores de Ganoderme aplani, observées ici au grossissement 1.000 dans l’eau, sont caractéristiques de l’espèce
Les spores de Ganoderme aplani, observées ici au grossissement 1.000 dans l’eau, sont caractéristiques de l’espèce © Hubert Voiry / ONF

La détermination d'un champignon n'est pas toujours possible sur le terrain notamment dans des genres difficiles.

Il est alors indispensable de faire un examen microscopique pour examiner la forme et la dimension des spores et d'autres éléments de l'hyménium ou du revêtement.

La classification des champignons

Les myxomycètes, qui ne font plus partie des champignons, sont toujours étudiés par les mycologues (ici la Fleur de tan)
Les myxomycètes, qui ne font plus partie des champignons, sont toujours étudiés par les mycologues (ici la Fleur de tan) © Hubert Voiry / ONF

Nous n'allons pas développer la classification qui est complexe et encore fluctuante pour certains groupes. Mais retenons qu'on peut définir les « champignons supérieurs » par trois notions : la fructification, les spores et le mycélium.

Les champignons macroscopiques ou macromycètes, qui nous sont les plus familiers, appartiennent à la classe de Basidiomycètes ou à celle des Ascomycètes. Chez les « Basidio », les spores se développent à partir d'une cellule allongée ou baside. Ce groupe comprend les champignons à lames, à tubes ainsi que les polypores, les hydnes...

Chez les « Asco », les spores se développent dans une sorte de sac appelé asque. Appartiennent à cette classe, les morilles, pézizes, truffes...

Les Myxomycètes traditionnellement étudiés par les mycologues ne font plus partie des vrais champignons. En effet à côté du stade fructification et spores, ils n'ont pas de mycélium mais un stade amiboïde : le plasmode qui est capable de se déplacer. Le plus connu est la Fleur de tan (Fuligo septica).

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