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Les résineux

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Membre de la grande famille des Pinacées, je m'appelle Picea abies ou Picea excelsa en latin ou encore sapin rouge, pesse, sérente, sapin à poix en français.

Tous ces noms traduisent mon contact poisseux (poix) sur différentes parties de l'arbre, ma ressemblance avec le sapin (abies) et ma hauteur élévée (excelsa).

Ma silhouette conique, vous la connaissez bien : je suis le "sapin" de Noël !

Même si je suis de plus en plus remplacé par le Sapin de Nordman dont les aiguilles se détachent moins vite une fois l'arbre coupé.

Je suis un grimpeur

Je suis un hôte classique des forêts de montagne
© C. Gayard / ONF Je suis un hôte classique des forêts de montagne

Très largement répandu dans les montagnes européennes, j'y suis l'essence forestière qui couvre le plus de surface !

Il faut dire que je ne crains ni le froid - je peux supporter jusqu'à -40°C - ni les gelées printanières.

Je m'adapte à tous sols frais et bien aérés et également aux sols humides, voire tourbeux.

Mon enracinement peu profond me permet de pousser dans les sols calcaires du Jura, où la roche est peu profonde et la terre de faible épaisseur.

On peut même me trouver jusqu'à 2000 m d'altitude.

Des cônes pendants

Mes cônes pendent, à la différence de ceux du sapin, qui sont dressés
© C. Gayard / ONF Mes cônes pendent, à la différence de ceux du sapin, qui sont dressés

Je suis un conifère, ce qui signifie que je porte des cônes.

Les miens sont allongés, pointus et pendants.

Ils permettent de me différencier du "vrai" sapin car les siens sont dressés et plus arrondis.

Mes fines aiguilles à la pointe aiguë sont vert foncé sur toutes les faces. Elles mesurent de 1 à 2 cm et sont serrées en tous sens autour de mes rameaux. Leur espérance de vie varie de 5 à 7 ans et elles sont remplacées progressivement : mon feuillage est donc persistant. Quand elles tombent, elles se détachent en entraînant une languette de bois.

Quant à mes branches, elles pendent en draperie.

Un port columnaire

En montagne, je me suis adapté au poids de la neige en adoptant une forme columnaire, c'est-à-dire en gardant les branches proches du tronc
© Alain Blumet / ONF En montagne, je me suis adapté au poids de la neige en adoptant une forme columnaire, c'est-à-dire en gardant les branches proches du tronc

Mon port est conique voire columnaire.

J'atteins facilement les 40 m de haut et peux même culminer à 50 m.

Monoïque, je porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur un même individu. Mes chatons femelles, dressés, mûrissent avant les mâles : ils sont donc fécondés par ceux d'autres sujets.

Mes chatons mâles, ovoïdes, répandent un pollen abondant.

Mes cônes sont allongés (10 à 15 cm), pendants à maturité et ne se désarticulant pas.

Je fructifie à partir de 50 ans, tous les deux à huit ans et peut vivre entre 300 et 400 ans.

Généralement, on me récolte entre 60 et 180 ans.

Mon bois

Les troncs droits et élancés d'une pessière
© Philippe Lacroix / ONF Les troncs droits et élancés d'une pessière

Mon bois blanc, parfumé à la résine, est résistant et facile à travailler : je suis donc utilisé pour les charpentes.

Violons, tables d'harmonie et tuyaux d'orgue profitent également de mes services grâce à mes qualités de résonance.

Pour la papeterie, je fournis une pâte tendre dotée de fibres longues.

Mon écorce rougeâtre pèle en petites écailles minces puis rugueuses ; elle est employée dans le tannage.

Mon fût rectiligne était traditionnellement utilisé dans la fabrication des mâts de bateau à voile.

Jadis, en incisant mon tronc, on obtenait de la poix de Bourgogne : distillée, elle fournit l'essence de térébenthine utilisée en pharmacologie pour des onguents topiques.

Pourquoi un épicéa à Noël ?

Comment suis-je arrivé dans les maisons au moment de Noël ? C’est une longue histoire, mêlant religion et rites païens.

Chez les Celtes, j’étais déjà l’arbre de l’enfantement, associé au 24 décembre.

Chez les Germains, alors que Saint Boniface avait abattu un chêne pour prouver que ce dernier n’était pas sacré, je fus le seul arbre qu’il épargna en tombant. Je fus ainsi baptisé « arbre de l’enfant Jésus ».

Les Alsaciens apportèrent la tradition du sapin de Noël en France, en s’expatriant après la guerre de 1870.

Traditionnellement, le sapin de Noël est érigé le 24 décembre et est enlevé douze nuits après, pour la fête des rois, l’Epiphanie.

 

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