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Les oiseaux forestiers

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La sylviculture et l'avifaune

Moi la Sitelle, avec mon bandeau noir à la Zorro, je n'ai pas peur de descendre le long des troncs
© Alain Perthuis / ONF Moi la Sitelle, avec mon bandeau noir à la Zorro, je n'ai pas peur de descendre le long des troncs

Chaque espèce d'oiseau est liée à une structure et une composition particulières de la forêt. Certaines espèces sont plus étroitement spécialisées, d'autres se rencontrent dans des milieux étendus et variés (espèces dites ubiquistes).

Les différents types de sylvicultures produisent des stades forestiers successifs. En fonction de l'âge du boisement, sa hauteur et sa densité vont donc varier. Aux éclaircies intermédiaires succèdent les coupes principales qui ouvrent finalement la forêt pour laisser la place à la nouvelle génération.

Chacun de ces stades peut être caractérisé par une avifaune particulière et chaque intervention sylvicole se traduit par une diminution de certaines espèces et en revanche, une augmentation, voire une apparition d'autres espèces.

Cependant, les stades forestiers n'ont pas tous une biodiversité équivalente :

  1. les stades jeunes : dominés par des taillis denses, ils sont riches en pouillots, fauvettes, rossignols... , souvent migrateurs, avec de multiples espèces de lisières (fringilles, bruants, pipits, traquets, pie-grièches...). Ils durent généralement une dizaine d'années
  1. les stades intermédiaires : le boisement est fermé, trop haut pour les espèces précédentes, mais encore trop bas pour bien convenir aux espèces forestières proprement dites. C'est le stade le plus pauvre, qui dure souvent plus de 50 ans
  1. vient ensuite la forêt dite mature : avec ses gros arbres et sa futaie à sous-bois plus ouvert, c'est le domaine d'élection des espèces arboricoles telles que pics, sittelles, grimpereaux, mésanges. C'est un stade nettement plus richeen espèces que le précédent
  1. le stade final : il s'agit soit des vieilles futaies qui se trouent de chablis, soit des coupes de régénération où on laisse subsister de gros arbres espacés, appelés semenciers. Ce stade est le moins répandu, mais aussi le plus riche parce qu'il combine les espèces proprement forestières avec celles liées aux ouvertures et aux taillis.

La juxtaposition, dans un même massif, des divers stades forestiers produits par la sylviculture, permet donc de maintenir au moins localement la plupart des espèces qui, en conditions naturelles, se mélangeaient autrefois dans la grande forêt primaire. 

Aménagements pour les oiseaux

Afin de maintenir en forêt le maximum d'espèces, le forestier peut, au cours des opérations sylvicoles, prendre des mesures susceptibles de compenser les effets de certaines interventions.

Ainsi, le maintien des essences rares et d'une certaine proportion d'essences non exploitables permet de conserver les invertébrés qui leur sont associés, de même que les ressources que ces essences peuvent présenter pour les oiseaux (fruits par exemple).

La conservation d'arbres, creux ou morts, debout ou tombés, est capitale pour certaines espèces qui se nourrissent d'insectes xylophages (vivant dans le bois mort) ou qui nichent dans les cavités (mésanges, sittelles, gobemouches, pics...).

Le maintien des tas de branches non exploitées lors des coupes, au lieu de les brûler, offre à la fois des abris très recherchés par les pouillots et le Rougegorge familier pour nicher, et des sites de nidification privilégiés pour le Troglodyte mignon par exemple, qui autrement disparaissent des futaies trop nettoyées.

La limitation des travaux forestiers d'avril à juin pendant la nidification des oiseaux est aussi une mesure importante, ainsi que l'absence de tous travaux dans un rayon de 200 à 300 m autour des nids occupés par des espèces rares telles que Cigogne noire, Grand Tétras ou certains rapaces.

Les forestiers connaissent les lieux de nidification et veillent à préserver leur quiétude pendant la toute première jeunesse des cigognes noires
© Alain Perthuis / ONF Les forestiers connaissent les lieux de nidification et veillent à préserver leur quiétude pendant la toute première jeunesse des cigognes noires

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