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Focus La réserve biologique domaniale de la côte d'Opale : un espace exceptionnel

Ce jeudi 6 septembre, l'ONF et le Conservatoire du littoral se réunissent au cœur de la réserve biologique de la côte d'Opale (Hauts-de-France) pour sceller un nouveau partenariat en faveur de la préservation des milieux littoraux. Zoom sur un site exceptionnel, riche d'une grande diversité d'habitats et d'espèces remarquables.

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© ONF

Au début des années 70, alors que le développement économique et touristique font craindre la disparition des milieux naturels dunaires, une politique volontariste d'acquisition de ces espaces par l'État est mise en œuvre.

Elle s'inspire de l'idée néerlandaise du « tiers sauvage » qui préconise le maintien à l'état naturel du littoral pour une part égale à celle concédée à l'industrie et au tourisme. Cette politique conduira ultérieurement à la création du Conservatoire du littoral.

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, cela s'est traduit par l'opération « Fenêtres vertes sur la Côte d'Opale » dont l'ambition était de faire acquérir par le ministère de l'Agriculture un millier d'hectares de dunes* et de les confier en gestion à son opérateur technique, l'Office national des forêts.

Une réserve biologique riche de sa faune et de sa flore

La réserve biologique recouvre la plus spectaculaire des plaines humides du massif dunaire, s'inscrivant entre un cordon de dunes littorales où s'exprime une dynamique encore très vive et un cordon interne plus ancien, culminant à plus de 40 mètres. Le tout forme un des plus beaux ensembles de dunes encore fonctionnelles du littoral de la Manche.

Cette variété de milieux influe également sur la diversité des autres règnes du vivant : richesse faunistique (793 espèces animales) et richesse mycologique avec, à ce jour, plus de 1 200 espèces recensées.

Pour en savoir plus

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Cette dune domaniale de 460 hectares fait partie d'un ensemble de plus de 800 hectares particulièrement représentatif des systèmes dunaires de la plaine maritime picarde.Ces systèmes sont caractérisés, notamment, par leur morphologie : au pied d'une ligne de falaises mortes correspondant au plateau crayeux et en retrait de plusieurs kilomètres par rapport au trait de côte actuel, s'est développée, lors des différentes transgressions quaternaires, une plaine marécageuse de bas-champs. Puis, sous l'effet de la dynamique dunaire, une succession de larges cordons plus ou moins parallèles de dunes se sont mis en place, isolant de vastes dépressions interdunaires inondables.

Une gestion du site au service de sa biodiversité

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© ONF

En 1992, la Réserve biologique dirigée de la Côte d'Opale est retenue comme un des chantiers pilotes du programme LIFE « Biodiversité et protection dunaire » mis en œuvre par la mission « Littoral » de l'ONF. À ce titre, la réserve bénéficie d'une série d'études menées avec le concours des universitaires et scientifiques de France et de Belgique. Les conclusions de ces études et les propositions de travaux faites, une fois synthétisées, ont servi de base à la mise en œuvre d'une gestion conservatoire du site, avec, comme objectifs prioritaires :

  • le maintien et le développement de la biodiversité du site
  • le maintien et l'étude des processus évolutifs (dynamique dunaire et dynamique végétale)
  • le maintien d'un laboratoire à ciel ouvert.

Une gestion en concertation
 
La mise en œuvre de la gestion choisie se fait en concertation avec le Comité scientifique consultatif de la réserve. Ce comité, constitué d'universitaires ayant participé au programme LIFE «Biodiversité et protection dunaire» est élargi à d'autres compétences et forme le conseiller permanent du gestionnaire. Il valide les choix de gestion et les propositions annuelles de travaux, suggère des interventions et participe à différentes actions, notamment aux suivis et inventaires.
 
La réserve biologique intégrale (76,13 ha)

Elle concerne exclusivement la partie forestière de la plaine interdunaire avec le boisement du Ligustro-Betuletum (Habitat de la Directive Européenne) qui évolue sous l'effet des seuls facteurs climatiques et édaphiques* depuis au moins 60 ans.

La réserve biologique dirigée (380,83 HA

La gestion est fondée sur des phases de restauration puis d'entretien des habitats tels que les pelouses muscinales* ou les pannes, jusqu'aux structures plus évoluées comme les bas-marais, tous menacés par l'embroussaillement, voire la colonisation forestière. La dune blanche fait l'objet d'un suivi attentif car elle est laissée en libre évolution.


Pour en savoir plus

La mise en œuvre annuelle du programme d'action s'appuie de façon très pragmatique sur des activités socio-économiques (entreprises forestières, agriculteurs, cessionnaires de bois de chauffage) afin d'optimiser les coûts de gestion et de promouvoir une gestion durable. Elle s'organise en fonction des grands types de milieux rencontrés :

  • Les zones ouvertes de la plaine interdunaire
  • Les zones forestières
  • La dune bordière
  • Les pannes dunaires
  • Les pelouses
  • Les fourrés dunaires

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