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Zoom #UnPrintempsEnForêt - Épisode 2 : Les inventaires naturalistes du réseau Avifaune

Milan royal, Aigle de Bonelli, Gélinotte des bois… La protection de ces oiseaux emblématiques de la biodiversité est au cœur des missions des équipes de l’ONF. Au printemps, les forestiers du réseau Avifaune de l’ONF sont chargés de les recenser. Découvrez l’enjeu de ces inventaires dans le second épisode d’#UnPrintempsEnForêt.

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© Corinne Campoy / Agence Montagnes d'Auvergne

« Plus on réduit la biodiversité, plus on réduit nos chances de faire face à l'avenir », scandait Nicolas Hulot, ministre chargé de l'environnement, à la tribune de l'Assemblée nationale le 21 mars dernier. La protection de la faune et de la flore est essentielle, au même titre que la lutte contre le changement climatique. A ce titre, les chercheurs du Museum national d'histoire naturelle et du CNRS ont récemment alerté l'opinion publique sur la disparition d'un tiers des oiseaux des campagnes françaises en quinze ans, en raison de l'intensification des pratiques agricoles. Conscients de la vulnérabilité de certaines espèces animales, les forestiers de l'ONF sont mobilisés depuis de nombreuses années au sein de six réseaux naturalistes dans le cadre de la stratégie nationale en faveur de la biodiversité et de la politique environnementale de l'ONF.

Des inventaires de la biodiversité

Gélinotte des bois © Jean-Baptiste Malinverno / ONF
Depuis le début du printemps, les 62 membres du réseau Avifaune sont à pied d'œuvre pour réaliser des inventaires naturalistes partout en France. Leur mission première consiste en l'acquisition d'une meilleure connaissance des peuplements d'oiseaux en forêts publiques.
Les inventaires du réseau Avifaune sont effectués de mars à juin car il s'agit de la période de reproduction de la plupart des oiseaux. Ils ont lieu en particulier dans les réserves biologiques, dans le cadre d'une mission d'intérêt général confiée par l'État à l'ONF. Ils sont également effectués dans des forêts domaniales, à la demande des agences ONF locales. « Par exemple, dans une forêt très fréquentée, les forestiers peuvent faire appel au réseau Avifaune s'ils se questionnent sur l'influence de l'accueil du public sur la faune », précise Pascal Denis, animateur du réseau Avifaune.

"On note tout ce qu'on voit et entend"

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© Véronique Vinot / ONF
Aigle botté, Aigle de Bonelli, Autour des palombes, Gélinotte des bois, Balbuzard pêcheur, Circaète Jean-le-Blanc, Milan royal, Cigogne noire, Bécasse des bois, pics, petites chouettes de montagne... Le réseau Avifaune de l'ONF est structuré en groupes dédiés à des familles d'oiseaux.
Pour procéder aux inventaires, les équipes placent des points sur une cartographie GPS, espacés de 300 mètres les uns des autres. Les comptages débutent une demi-heure après le lever du soleil, et se terminent vers 10 heures. "On note tout ce qu'on voit et entend pendant 20 minutes à chaque point. Le but est d'essayer de repérer les couples qui vont potentiellement se reproduire", explique Véronique Vinot du réseau Avifaune. Le chant est un indice majeur pour détecter la présence d'oiseaux. Chaque espèce a le sien. « En principe, excepté pour le rouge-gorge, c'est le mâle qui chante, et les femelles ne poussent que des petits cris », ajoute-t-elle. Une fois les relevés effectués, ils sont retranscrits sur des tableaux excel de façon à en déduire des statistiques. Le nombre de couples ou d'oiseaux seuls sont comptés, en précisant le nombre d'espèces protégées ou en danger. Toutes ces données sont ensuite versées dans la Base de données naturalistes, qui alimente le système d'information du Museum (SINP).

Un appui à la gestion forestière

Ces indicateurs servent d'appui à la gestion forestière. En effet, les données fournies permettent d'adapter la sylviculture en fonction de la faune présente dans le milieu. "On transmet les données aux gestionnaires forestiers de façon objective. On peut aussi leur apporter des orientations de gestion. C'est ensuite à eux de prendre les décisions en conséquence", précise Véronique Vinot. Les forestiers doivent avant tout respecter les prescriptions environnementales définies par l'ONF. Par exemple, si telle ou telle espèce présente est considérée comme menacée, ils ont l'obligation d'interrompre ou de ne pas engager de travaux sylvicoles pendant la période de reproduction dans un périmètre précis. Loin d'agir en cercle fermé, ces réseaux naturalistes nouent au quotidien de nombreux partenariats, locaux et nationaux, avec des associations, organismes et acteurs reconnus dans le domaine de la conservation de la nature et de la recherche. Des conventions cadres sont notamment signées chaque année avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l'Office pour la protection des insectes, le Museum national d'histoire naturelle, le CNRS...

Les réseaux naturalistes de l'ONF

Illustration 6 réseaux naturalistes de l'ONF
© Thi Anh
Il existe depuis 2004 six réseaux naturalistes à l'Office national des forêts, qui réalisent des études scientifiques dans différents domaines du patrimoine naturel et à différents moments de l'année. Avec le réseau Avifaune, il existe les réseaux Entomologie (étude des insectes) et Herpétofaune (étude des amphibiens et reptiles), qui réalisent leurs inventaires de février à juillet. Le réseau Habitat/flore et le réseau mammifères commencent en avril, et celui qui étudie la mycologie débute un peu plus tard dans l'année.

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