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Zoom Incendies : l’ONF sur tous les fronts !

Depuis le mois de juin, plus de 3 130 hectares de végétation ont brûlé lors d’incendies dans le sud de la France. Pour protéger la forêt et les hommes, les équipes ONF de Défense de la forêt contre les incendies (DFCI) se sont mobilisées et agissent en appui des pompiers. Retour sur leurs actions.

Dégagement des pistes menant aux citernes d'eau, débroussaillement de la végétation, sensibilisation du public... toute l'année, les équipes de la DFCI anticipent les feux de forêt qui sévissent pendant la saison chaude estivale. Leur travail ne s'arrête pas là. Une fois les incendies déclarés, elles interviennent dans la lutte contre le feu au travers de plusieurs actions phares :

Etape 1 : guider les forces de secours

Partage d’informations entre la patrouille forestière de prévention des incendies et le Commandant des opérations de secours.
Partage d’informations entre la patrouille forestière de prévention des incendies et le Commandant des opérations de secours. © Gérard Graule

Grâce à un réseau de surveillance sur le terrain, les équipes de la DFCI, lorsqu'elles repèrent un feu, peuvent transmettre très rapidement sa localisation aux pompiers. Le forestier de terrain se met ensuite à disposition des services de secours pour les informer des enjeux de la zone (localisation des citernes à eau, pistes à emprunter, types de végétation).

Etape 2 : cartographier le feu

Lors des incendies, les forestiers sont mobilisés pour apporter leur expertise et appuyer les services de lutte. Ici pour une mission de renseignement sur l’évolution du front de flammes.
Lors des incendies, les forestiers sont mobilisés pour apporter leur expertise et appuyer les services de lutte. Ici pour une mission de renseignement sur l’évolution du front de flammes. © Yvon Duché / ONF

Lorsque le feu prend de l'ampleur, les forestiers réalisent, grâce à un système d'information géographique, une cartographie évolutive des contours du feu. Cette carte permet aux pompiers de connaitre précisément la position du feu et d'anticiper une stratégie de lutte en fonction de l'avancée des flammes.

Luc Vénot, coordinateur DFCI dans les Bouches-du-Rhône, est intervenu sur le feu de Saint-Cannat, qui s’est déclaré le 15 juillet dernier et a brûlé plus de 800 hectares de végétation : « Cartographier le feu, c’est primordial. Ne serait-ce que pour aider les pompiers à l’enrayer et pour protéger la population des flammes. Avec mon équipe, nous avons travaillé une grande partie de la nuit pour élaborer ces cartes. Nous sommes en alerte permanente ! »


Etape 3 : déterminer l’origine du feu

DFCI : forestier et gendarme sur un périmètre identifié de départ de feu.
DFCI : forestier et gendarme sur un périmètre identifié de départ de feu. © Nathalie Pétrel / ONF

Si le feu est très important ou si son origine est suspecte, l'ONF prend part à la cellule de Recherche des causes et circonstances des incendies (RCCI). Ce dispositif, qui réunit forestiers, pompiers et forces de l'ordre (police ou gendarmerie), permet, grâce à un partage de compétences, de déterminer la zone de départ de feu et sa cause.

Etape 4 : utiliser des images satellites

Image satellite Sentinel 2B du 17/07/2017
Image satellite Sentinel 2B du 17/07/2017 à Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône) © CNES 2017 / ESA 2017

Depuis 2016, l'agence spatiale européenne met à disposition du public des images satellites du territoire. Utilisées lorsque l'incendie est terminé, elles permettent, en comparant les données avant et après le feu, de cartographier la trajectoire et les contours de l'incendie. Cette analyse aide notamment à déterminer les zones où les feux sont les plus fréquents, pour y organiser une meilleure stratégie de prévention. Gratuite, cette méthode représente aussi un important gain de temps, puisqu'elle vient remplacer un long travail de terrain au GPS. Ces images satellites seront désormais utilisées sur tous les feux de plus de 50 hectares.

Etape 5 : et après ?

Les effets d’un incendie survenu en 2016 dans la commune de Martigues.
Les effets d’un incendie survenu en 2016 dans la commune de Martigues. © Frédéric Glon / Giada Connestari

Conseils auprès des élus locaux inquiets de la dangerosité des arbres brûlés ; étude des zones incendiées ; travaux de prévention des risques (chutes d'arbres, éboulements...), coupes esthétiques ou sanitaires... Une fois le feu éteint, les forestiers continuent de s'activer pour que la forêt reprenne ses droits. Et si elle s'avère trop endommagée pour assurer sa régénération naturelle, les forestiers seront là pour l'aider grâce aux semis et aux plantations !


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