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Zoom [Protéger le littoral] Le bon plan plage de l’été !

Ah, c’est enfin l’été ! Comme chaque année, les vacanciers débarquent, avides de soleil, de belles plages et de farniente… et sont tentés de couper à travers dunes pour arriver plus vite au bord de l’eau. Le risque : la destruction d’un environnement fragile que les hommes façonnent patiemment depuis plus de 200 ans. On vous raconte tout.

Protection du littoral
© Giada Connestari

En se promenant le long du littoral, on a du mal à imaginer qu'il n'a pas toujours eu le même aspect qu'aujourd'hui. Et pourtant, depuis le début du XIXe siècle, l'homme a mis en place tout un arsenal pour stopper l'ensablement de l'arrière-pays et l'inondation par la mer des zones basses. Et la tâche est titanesque : sous l'effet de la mer, le trait de côte a reculé de 10 à 40 mètres dans les zones les plus exposées en moins d'une décennie. Sans les dunes et les forêts, vous auriez du sable dans les chaussures jusque loin dans les terres !

 

L’ONF, le "docteur dune"

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© Nathalie Petrel / ONF

L'ONF soigne ses dunes - sur plus de 380 km de long ! - en accompagnant la nature dans ses travaux de génie écologique, avec des pansements végétaux (plantation d'oyat) et des pièges à sable (mise en place de branchages, de filets cocos ou pose de ganivelles, ces clôtures typiques formées par l'assemblage de lattes de bois) pour reconstituer les cordons dunaires.

De l'avant de la dune jusqu'à la lisière de la forêt, il y a plusieurs types de dunes sur lesquelles la hauteur de la végétation "monte" au fur et mesure qu'on s'éloigne de la mer. Et plus on s'éloigne de la mer, et plus le nombre d'espèces est important ! Tous ces milieux sont liés par une forme de "solidarité transverse" : chacun a un impact sur les autres. C'est pourquoi il faut tous les protéger.

 

Le plan plage : votre bon plan !

Pose d'un caillebotis d'accès à la plage
© Lacombat Benoît

Pour que chacun puisse accéder facilement aux plages, des zones d'accès sont réparties le long du littoral depuis les années 70. Parking parfois à l'ombre des forêts, sentiers aménagés avec caillebotis... tout est fait pour amener les promeneurs en sécurité au bord de l'eau, sur des plages surveillées. Une organisation qui permet à près de 1,5 million de personnes de se rendre à la plage chaque été en Aquitaine par exemple, tout en préservant l'environnement fragile des dunes.

 

Des réflexes à adopter

Promeneurs sur caillebotis
© ONF

Suivez la piste, ne marchez pas sur la végétation et ne cueillez pas les fleurs. Pour ne pas abîmer les plantes utiles pour fixer la dune, ce qui accélérerait ainsi son érosion, des chemins aménagés vous guident jusqu'aux plus belles plages. Et franchement, marcher dans le sable mou est beaucoup plus fatiguant que de suivre un sentier de caillebotis !

Optez pour le "zéro trace" : ne faites pas de feux sur la plage (les ganivelles sont essentielles pour piéger le sable, les brûler c'est déstabiliser la dune), rapportez l'intégralité de vos déchets avec vous (vous pourrez ainsi les trier). Un déchet peut vivre entre quelques jours et... plusieurs siècles.

Respectez la forêt et les dunes est aussi essentiel pour préserver la biodiversité : si la surface littorale représente 0,05 % de l'Hexagone, elle concentre à elle toute seule 10 % de la flore française !

Chiendent des sables et oyat : les fragiles stars des dunes

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© Giada Connestari

Le chiendent des sables à la dent dure ! Il ne craint ni le sel (on le dit halophile) ni les vents forts : ses racines sont de longs rhizomes rampants et plongeants qui sont des pièges à sable. Premier obstacle pour arrêter le sable poussé par le vent sur la plage (il fait 25 à 50 cm de haut), il permet la formation de la dune embryonnaire en haut de plage, et prépare le terrain pour l'oyat qui arrive juste derrière lui..

L'oyat a beaucoup d'autres noms - roseau des sables, jonc des dunes, élyme ou même chiendent maritime. Il a lui aussi pour mission "d'accrocher les dunes" avec ses racines, mais il est plus sensible au vent et au sel. Ses feuilles (attention, elles sont coupantes !) sont enroulées sur elles-mêmes pour limiter l'évaporation et recueillir la moindre goutte de rosée.
Le plus grand ennemi de ces stars de la dune ? Le piétinement des marcheurs...

 

Une minute d'histoire avec Loïc Gouguet, spécialiste du littoral à l'ONF

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© ONF

"Au XIXe siècle, sous Napoléon Ier, il y a eu une volonté de l'État d'intervenir pour protéger les populations vivant le long des côtes : certains villages risquaient de disparaître à chaque tempête ! On a donc cherché à piéger le sable au plus près de la mer. Au départ, l'entreprise a été menée par l'administration des Ponts et Chaussées. Or comme il s'est avéré que la végétalisation était la meilleure façon de fixer le sable, c'est l'administration des Eaux et Forêts qui a récupéré cette charge. Nous sommes ainsi arrivés à la création d'un massif forestier, qui a d'ailleurs permis un essor économique. La gestion des dunes domaniales et des forêts littorales domaniales incombent à l'ONF depuis 1966."

 


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